[Test] Arco

Le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont lu ce test d'Arco et ceux qui le liront, comme toi ! Pixel art, tactical RPG dynamique, n'en dites pas plus... L'heure a sonné !

La bonne, la brute et les truands...

Capture du jeu vidéo ARCO
Capture du jeu vidéo ARCO

Test réalisé sur la version PC sur steamdeck.
Critique publiée le 10/01/2026

Capture du jeu vidéo ARCO
Capture du jeu vidéo ARCO

Arco c’est le Far West ! Enfin c’est plutôt le South West. Dans une région fictive et surnaturelle, inspirée par l’Amérique latine en proie à la colonisation espagnole, nous incarnons une série de personnages. À dos de lama, Arco nous fait traverser des paysages variés, souvent hostiles où les ethnies se côtoient, se respectent ou se haïssent. De cet équilibre précaire, l’homme blanc en fait fi. Il agite les peuples, corrompt et massacre pour piller les ressources. Et en semant le chaos, il récolte la vengeance, celle de nos protagonistes.

Capture du jeu vidéo ARCO et de ses combats
Capture du jeu vidéo ARCO et de ses combats

Ce voyage prend la forme d’un point and click. Nous avançons de tableau en tableau, reliés par une carte. Chaque paysage apporte son lot de surprises. De nouvelles rencontres, des embuscades, des grottes à explorer ou à éviter. Arco regorge de secrets pour celles et ceux qui prendront le temps de les découvrir. Cette recette, presque aussi vieille que le jeu vidéo, est diablement efficace. Arco est très addictif. Les récompenses sont pourtant simples, un peu d'expérience, de la nourriture, des bandages, quelques pièces d’or, des babioles. Ça suffit. Arco va à l’essentiel de ce qui fait le plaisir de ce type d’aventure. Dans un village typique, on trouvera un ou deux marchands, quelques personnes à qui parler succinctement, de courtes quêtes à obtenir au gré des interactions. Cette simplicité, c’est aussi celle des visuels. De magnifiques paysages en pixel art, à la définition très réduite mais parfaitement maitrisés. Les personnages et les animaux tiennent sur cinq ou six pixels, pourtant c’est un mouton, et c’est tout à fait comme ça que je le voulais. C’est mignon, et c’est surtout très beau, comme la bande-son. Les décors sud-américains sont magnifiques et les architectures très soignées. Quel tour de force de nous faire voyager ainsi avec si peu de pixels ! Les personnages sont même représentés par de petits portraits pour nous aider à nous les imaginer.

Qui dit nouveaux personnages, dit aussi nouvelles manière de combattre. Et quels combats ! Arco s’apparente à un tactical, à la différence que toutes les actions se déroulent en même temps. Pendant la phase de préparation, on peut choisir d’utiliser des compétences, de nous déplacer, de consommer des objets équipés ou de patienter pour récupérer du mana. Une fois les actions programmées pour chaque personnage jouable, elles se déroulent en même temps, ennemis compris ! Pour faciliter la stratégie, le jeu nous permet d’anticiper les déplacements des adversaires en indiquant leur trajectoire ou le type d’attaque (corps à corps ou à distance). Mais attention, ce sera à nous d’estimer la portée des coups adverses, leur cible et la vitesse des projectiles. C’est très malin et ajoute de la nervosité à ce genre du tactical parfois très cérébral. La plupart du temps, les ennemis alternent attaques et déplacements, ce qui nous invite à esquiver les coups pour les rendre au tour suivant. Chaque personnage dispose de son propre arbre, où les points d’expérience servent à débloquer des compétences de plus en plus puissantes. La plupart du temps, il est composé de trois branches, corps à corps, attaques à distances, soutien offensifs ou défensifs. Évidemment, les personnages se distinguent les uns des autres mais l’on retrouve des invariants qui permettent de nous y retrouver, une fois passé à un nouvel acte et donc à un nouveau personnage. Attention, le jeu ne permet pas de réinitialiser les arbres de compétences et offre tout juste suffisamment d’expérience pour arriver au bout d’une branche ou deux. Il faudra choisir avec soin. Parce que les combats sont exigeants et il est très rarement possible de passer en force, sans réfléchir. Il faudra toujours faire preuve de finesse, d’anticipation, et s’appuyer sur la panoplie de compétences à disposition. À ce propos, le jeu préfère à nouveau la qualité à la quantité. Il est tout à fait possible d’avoir rapidement une compréhension complète des compétences proposées. C’est reposant. Au contraire des combats, nerveux, parfois difficiles mais jamais injustes. Arco nous encourage à faire preuve de persévérance. Il est en effet possible de recommencer d’une touche ou même de battre en retraite. Ce système de combat est la force inattendue du jeu ! Les escarmouches procurent de vraies sensations, sont addictives, nerveuses et jamais redondantes notamment grâce à sa faune fictive et variée.

Jeu : 4,5/5

Tranquillité : 3/5

Arco est sorti le 15 août 2024 sur PC, Nintendo Switch et Mac. Il est développé principalement par un collectif de quatre personnes, Franek Nowotniak, José Ramón “Bibiki” García, Antonio “Fayer” Uribe et Max Cahill. Arco est édité par Panic.

Key art du jeu ARCO
Key art du jeu ARCO

Comme un western audacieux, Arco se découpe en plusieurs actes. Chaque partie du récit, nous fait incarner un nouveau personnage. En deux heures environ, nous découvrons sa culture, sa personnalité et ses désirs. Puis arrive le point de bascule, la colère sourde et la quête de réparation. Le schéma se répète, pour trouver une résolution commune dans le dernier acte. Ce choix narratif est osé et peut être frustrant. Mais s’il est difficile de quitter un personnage, ce sera pour mieux le retrouver, ne vous en faites pas. La fin sera d’autant plus convaincante et plaisante. Arco est un jeu équilibré. Chaque histoire est originale et bien écrite. Grâce à ce découpage, le jeu nous emmène ailleurs, nous fait découvrir d’autres cultures et manière d’habiter ce territoire. D’autres raisons d'haïr ce colonialisme aussi.

Conclusion : Arco est un jeu excellent, dans tous les domaines. Il se concentre sur l’essentiel, pour nous offrir une quinzaine d’heures de dépaysement, de combats intenses et d’exploration captivante. Sa lecture du western est originale et nécessaire. N’hésitez pas, rien que pour ses petits lamas !

Conclusion du test d'Arco

Test d'Arco

Arco est un western, il en reprend les codes sans caricaturer. Pour autant, il se distingue vigoureusement de ses inspirations en prenant le point de vue de l’agressé, le vrai. Derrière la simplicité de ses dialogues, Arco déploie de nombreuses thématiques autour de la colonisation et ce qu’elle bouleverse et détruit en tant que système. Les langues, les relations entre tribus, le rapport à la nature, à la religion, à la technologie, à l’humanité... Ce récit est aussi fait avec humour et inclusivité. Il est profondément actuel et intelligent. Arco met également en place un système de ”culpabilité”, où certains choix viendront vous hanter, littéralement, sous la forme de fantômes qui s'approchent de votre personnage lors des phases de préparation. Il faudra agir vite, au risque de se faire toucher. Stress garanti. Cette question morale est cependant diluée par des quêtes courtes, souvent peu impactantes, et par son récit finalement dirigiste et violent de bout en bout. Un paradoxe inhérent aux jeux dont les combats sont centraux.

Capture du jeu vidéo ARCO avec un méga arbre.
Capture du jeu vidéo ARCO avec un méga arbre.